Vive la Commune !

Eugène Châtelain
Eugène Châtelain, poète ouvrier, naît à Paris, en 1829, dans un milieu modeste. Orphelin de père, à six ans, il devient très jeune ouvrier ciseleur. Il participe à 19 ans aux combats de juin 1848. Autodidacte, il troque « le marteau pour la plume ». Il s’oppose sur les barricades au coup d’Etat de décembre 1851 et rédige de nombreuses chansons politiques. Socialiste proudhonien, il lance successivement plusieurs journaux et participe également au Courrier Français d’Auguste Vermorel.   
Membre de la Première Internationale (section du Panthéon), il est très actif dans la presse révolutionnaire, durant le siège de Paris. Refusant d’être candidat à la Commune, il entre au Comité Central de la Garde national et combattra durant la Semaine sanglante. Ami de Pottier et proche de Vallès, il continuera, de son retour d’exil jusqu’à sa mort, en 1902, à défendre le souvenir de la révolution de 1871.  (Source : Eric Lebouteiller – Site des Amies et Amis de la Commune de Paris, 1871)

Une version par l’Ensemble Madrigal de l’Ile de France dans l’album La Commune en chantant, Disc’AZ.

Vive la Commune !

Je suis franc et sans souci ;
Ma foi, je m’en flatte !
Le drapeau que j’ai choisi
Est rouge écarlate.
De mon sang, c’est la couleur
Qui circule dans mon cœur.

Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

Oui, le drapeau rouge est bien
Le plus bel emblème
De l’ouvrier-citoyen ;
C’est pourquoi je l’aime.
L’étendard du travailleur
Sera toujours le meilleur.

Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

Je n’aime point les méchants,
Ni les bastonnades ;
Mais j’aime tous les enfants,
Pour mes camarades
Lorsque je joue avec eux,
Nous chantons, le cœur joyeux :

Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

La Commune, savez-vous,
Petits téméraires,
Ce que c’est ? Écoutez tous :
C’est de vivre en frères.
Et lorsque nous serons grands
Nous combattrons les tyrans.

Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

Afin d’affirmer les droits
De la République,
Il nous faut vaincre les rois
Et toute leur clique.
Plus de bon Dieu, de Jésus !
Des prêtres… Il n’en faut plus !

Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !

Quand les temps seront venus,
Aucune famille
N’aura plus d’enfants pieds-nus,
Traînant la guenille.
Tout le monde aura du pain,
Du travail et du bon vin.

Vive la Commune !
Enfants,
Vive la Commune !