La Danse des bombes

LOUISE MICHEL

Louise Michel a rédigé de nombreux poèmes faits pour être chantés. Nombre d’entre eux sont restés inachevés ou n’ont pas été publiés. C’est en 1947 à Moscou, en russe, qu’est publié pour la première fois ce poème.
Il nous faut ajouter qu’il demeure peu de chants écrits par des femmes. Tout juste a-t-on les traces de cette Marseillaise des communards imaginée par une Mme Jules Faure, née Castellane. Gageons pourtant qu’elles ont dû être aussi créatives que leurs camarades.

La Danse des bombes

Amis, il pleut de la mitraille,
En avant tous ! Volons ! Volons !
Le tonnerre de la bataille
Gronde sur nous… Amis chantons !

Versailles, Montmartre salue.
Garde à vous ! Voici les lions !
La mer des révolutions
Vous emportera dans sa crue.

En avant, en avant sous les rouges drapeaux !

Vie ou tombeaux !
Les horizons aujourd’hui sont tous beaux.

Frères, nous léguerons nos mères
A ceux de nous qui survivront,
Sur nous point de larmes amères !
Tout en mourant nous chanterons.
Ainsi dans la lutte géante,
Montmartre, j’aime tes enfants,
La flamme est dans leurs yeux ardents,
Ils sont à l’aise dans la tourmente.

En avant, en avant sous les rouges drapeaux ! Vie ou tombeaux !
Les horizons aujourd’hui sont tous beaux.

C’est un brillant lever d’étoiles.
Oui, tout aujourd’hui dit ; Espoir !
Le dix-huit mars gonfle les voiles,
Ô fleur, dis-lui bien : Au revoir !

La version adaptée par Michèle Bernard

Entre autres adaptations, Michèle Bernard ajoute dans la chanson une référence à l’orgue, sur lequel Louise Michel raconte, dans ses Mémoires, avoir joué un « essai d’harmonie imitative de la danse des bombes ».

Oui, barbare je suis
Oui, j’aime le canon
La mitraille dans l’air
Amis, amis dansons !

La danse des bombes, garde à vous !
Voici les lions
Le tonnerre de la bataille gronde sur nous
Amis chantons !
Amis, amis dansons !
La danse des bombes, garde à vous !
Voici les lions
Le tonnerre de la bataille gronde sur nous
Amis chantons !

L’âcre odeur de la poudre
Qui se mêle à l’encens
Ma voix frappant la voûte
Et l’orgue qui perd ses dents

La nuit est écarlate
Trempez-y vos drapeaux
Oui, j’aime le canon
Et mon cœur je le jette
À la Révolution

Oui, mon cœur je le jette
À la Révolution