Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871

Écrits rassemblés et présentés par Michèle Audin

«  Le Mont des Martyrs n’en a pas de plus glorieux. Qu’il soit, lui aussi, enseveli dans le grand cœur de la classe ouvrière  », écrit Lissagaray d’Eugène Varlin dans son Histoire de la Commune de 1871.

Eugène Varlin, arrêté place Cadet à la fin de la Semaine sanglante, le 28 mai 1871, traîné sous les coups par les rues escarpées de Montmartre (le «  mont des martyrs  ») et fusillé. Avec l’image de la montée au calvaire et le beau visage d’apôtre, le voici devenu une sorte de Christ laïque. Et mort.

De quoi hésiter à s’en emparer.

Il y eut pourtant un Eugène Varlin vivant. Je l’ai découvert presque par hasard, en lisant, pour mieux comprendre ce qui se joua pendant la Commune de Paris, le quotidien La Marseillaise, qui parut de décembre 1869 à mai 1870. Des articles politiques de journalistes plus ou moins brillants, des articles théoriques — rhétoriques — de «  socialistes  » sur l’affrontement du capital et du travail, et puis, sous la plume d’un militant ouvrier, voici les ouvriers boulangers, que leur travail de nuit exclut de toute vie sociale, voici les ouvriers marbriers et les batteurs d’or, voici même des houilleurs allemands en grève, voici l’irruption de la classe ouvrière dans la vie politique — voici Eugène Varlin dans le texte.

«  Toute la vie de Varlin est un exemple  », continue Lissagaray avant de dresser une liste de ce que cette vie a eu d’exemplaire. À mon sens, le plus exemplaire, et même le plus séduisant, de ce qui nous reste d’Eugène Varlin, ce sont ses textes.

MICHÈLE AUDIN

Passionnée par la Commune de Paris, auteure de Comme une rivière bleue, Une vie brève, Oublier Clémence et Mademoiselle Haas, récits publiés aux éditions Gallimard, Michèle Audin poursuit ici son hommage «  à celles et à ceux qui n’ont pas d’histoire  ».

Elle anime le blog macommunedeparis.com

Editions Libertalia
Parution  : 21 mars 2019
384 pages
488 pages — 18 €